
Day 1 / Contre toutes nos espérances, rien n'y a fait, le premier jour s'annonçait pourri comme une banale journée parisienne. Mais là, sans vrai suspense, il s'agit pour nous de soit de tuer le temps en implorant une improbable éclaircie ou bien, se jeter sur le chemin de Grande Randonnée n°5 qui ne se laissera pas piétiner facilement aujourd'hui. Quinze minutes de tergiversations et puis...Bon allez! On y va ! Et on verra bien ! Si c'est le déluge, on pourra toujours s'abriter ou rebrousser chemin. Ponchos en place, à nous les Alpes...
Rapidement, le chemin s'élève dans les bois, tout ruisselle aux alentours. Le rythme est trop soutenu, j'ai vite la nausée et Lolo prend le lead sur notre caravane et ne le lâchera plus jusqu'au bout. Il nous faut quelques heures pour nous extraire des zones habitées. Pas âme qui vive, si ce n'est un ou deux habitants pas farouches. Pour nous, c'est que le début de nos peines. L'ascension est rapide mais sans répit. Quand la pluie nous lâche c'est pour mieux nous paumer dans le brouillard ou les marques rouges et blanches se perdent allègrement. Pas moyen de se fier à la technologie ou à la vue, faut avancer dans la gadoue au flair, façon limier. Il fait quand même bien chaud sous nos attirails et il nous faut lever un peu le pied pour raffraichir les organismes à grandes rasades d'eau et de grignotages vitaminiques et sportifs. Point de panorama, alors que ça continue à grimper sévère. Rien que de la purée de poix et du vent froid maintenant. Mon altimètre indique que nous carressons les 2000m. On commence à soupirer d'aise, le plus dur est derrière nous et nous l'avons franchi au pas de charge. Notre premier déjeuner d'alpage se fait entre des moutons dérangés et une bonne transpiration générale qui nous saisit à souhait. Sans pitié le ciel, ne nous laisse même pas apercevoir un coin de soleil. Je suis épuisé et tremblant. Ça commence bien. Lolo a l'air concentré, son paquetage est bien organisé mais lui aussi s'est refroidi. Les fringues d'hiver font leur première apparition, dur pour un 12 juillet.
Mais finalement, le col de Bise n'est pas si loin et dix minutes plus tard on resserre nos lacets pour une première descente sur le refuge de Bise. Mes jambes ont la tremblante, les genoux sont durement sollicités, ça ravine dans tous les sens. Mais à 15h30 notre délivrance est proche. Le café et le Coke coulent à flot, nous sommes saufs et fourbus, l'aubergiste est cool, nous sommes welcome pour une nuit sous abri. Ciel de merde...
Le silence du sentier se marie assez bien avec l'ambiance colo de la salle à manger. On revit à proximité du poêle à bois qui pulse des good vibes.
Notre diner se déroule en compagnie de finlandais et de hollandais. Tous veulent gravir un bout de GR5.

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